Juillet / Août 2009

Publié le par Ma-Ma

"Au pied des murs"
Une exposition du Major



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           La photo ci-dessus n'en est qu'une demi-représentation. Prise au début des années 90, cette ombre de feuillage sur un mur du jardin des plantes de Rouen est mise là pour mémoire personnelle. Comme bon nombre de photographes, j'ai eu mon passage "ombres". Évocations de figures plus ou moins explicites ou symboliques, perfection du code couleur binaire en accord avec ma pratique durant quelques années de la sérigraphie, dépouillement, éducation graphique du regard et de la composition, séduction visuelle... Les ombres sont passées dans ma vie et n'apparaissent plus dans mon parcours qu'avec justification, au propre comme au figuré.

Cette photo est là, en légende de ce texte, parce qu'elle est une borne qui marque une suite qui se traduira par un regard plus direct sur les murs qui dure depuis 5 ans. J'ai retrouvé d'ailleurs dans l'ensemble des visuels croisés sur les murs la même simplicité graphique, la même binarité. Les ombres étaient toujours présentes mais elles étaient devenues celles de ceux qui, furtifs dans les nuits de la ville, apposent leurs collages, écrivent leurs slogans, hurlent leurs haines ou font publicités de leurs passions. Ces ombres ont également pour la grande majorité ma sympathie politique.

Environ 120 photos de petits formats sont exposées sur un mode particulier; car la nature de ces visuels appelait une dynamique qui sorte des sentiers battus et forcément aussi des concepts bourgeois de l'art. Le but recherché n'est donc pas le magistral et la mise en valeur du photographe mais relève plus du témoignage et de l'étude de "mœurs muraux de rues". Il ne s'agit également ni d'une apologie ni d'une condamnation. Ces photos sont un choix semi-hasardeux d'une collection bien plus vaste.
 Le Major, Rouen juin 2009


contacts : Galerie Ma-Ma

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A propos du Major,

"Dans un port, la haut, une ombre étique s'étire au grés du Nordet.  La silhouette du Major se découpe sans demi-tons sous l'ampoule blafarde d'un hangar.  Entre les sacs  de cabosses de Zanzibar et les caisses de  Mei Kwei Lu Chu taiwanais , Il  surveille, cigarette aux lèvres, un  chargement clandestin  à destination de révolutionnaires  moldaves. A moins que ce soit pour des dissidents birmans, du Honduras ou  pour un cargo du  Mozambique. Peu importe,  ses contours se peignent toujours en noir et blanc  dans un album d'Hugo Pratt.

Le monde réel lui est en dégradé de couleurs ou en couleurs dégradées c'est au choix

 Il y a longtemps que  Rouen n'a plus le visage d'un port et que ses quais,  qui n'ont rien de brumeux, n'inspirent  personne à part les promoteurs de grandes surfaces.

Si des "marins" sans partance  persistent à arpenter ses rues ce n'est pas qu'ils ont du temps à perdre, (existe t-il du temps à gagner?) c'est qu'ils n'ont d'autre priorité que de poursuivre  leur voyage.

En quête de découvertes, en traque d'insolite, ils cherchent à lire les cartographies étranges que  le temps imprime sur les murs , à relever les  signes tracés  par des mains anonymes ou oubliées, à déchiffrer les rites incongrus des autochtones, à déceler une cohérence dans ce qui parait être chaos, ou à provoquer le sourire quant l'effort semble vain . Et si ils croisent leur propre reflet dans une vitrine, ils l'observent avec le regard acéré d'un entomologiste découvrant un spécimen inconnu. Une bête étrange dont il s'étonnent eux même et qu'ils ne cesseront d'étudier non pas pour empiler les clichés d'un album de voyage ou témoigner d'une futile présence mais  pour tenter de comprendre enfin... sur quelle continent ils ont accosté."

François Duboc pour Ma-Ma 06 2009









Expo "Au pied des murs" à la Galerie Ma-Ma






L'installation (Photo Martine Poret)






Les vidéos de la Galerie Ma-Ma ne sont volontairement constituées que de quelques vues rapides afin de montrer l'exposition en situation. Il est bien sur préférable d'aller sur place où l'exposition et les vitrines de la galerie sont disponibles à la vue 7/7 jours et 24/24h. On ne peut pas mieux faire...




































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jo 11/07/2009 19:47

reflet d'une ville aux bouts de leurs tiges,comme des messages à decoder,chacunpeut se retrouver a travers ces photos.Une facon de pouvoir s'exprimer,de laisser son empreinte,son cri,sa joie,sa deceptionson amour,aussi bien que sa haine,sa vision des choses.A la vue de tous ,temoignage precieux des inconnus ,qui donne à reflechir merçi

Galerie Ma-Ma 01/07/2009 21:33

Info et ajouts de photos en bas de page au 1er juillet